REC
Au lycée, j’ai voulu donner vie aux idées et aux dessins que je traînais avec moi depuis l’enfance. J’avais déjà une sorte d’univers, même si moins défini qu’aujourd’hui, et je voulais le faire exister autrement que sur les pages de mes cahiers. L’idée d’un projet musical est né, avec, déjà à l’époque, l’idée de clipper chaque son. Malheureusement, je traversais une période extrêmement compliquée qui m’a poussé à abandonner le projet. Ce n’est qu’après une longue reconstruction que je me suis décidé à reprendre le squelette de ce que j’avais imaginé et de lui donner vie, comme une manière d’honorer l’enfant que j’étais, celui qui n’avait jamais pu aller au bout de cette idée.
Mais les années avaient passé. Je n’avais plus le même regard sur le monde, ni le même état d’esprit. En réalité, je n’étais plus la même personne. C’est précisément là que Mindbomb trouve toute sa singularité en imposant à un moi plus âgé la tentative de donner vie au fantôme de celui qu’il était autrefois. Cette relation entre ces deux versions de moi-même est au cœur du métrage, autant dans la forme que dans le fond. Il en sort un projet fictif, qui développe son propre univers tout en ayant un propos introspectif, cathartique et indéniablement meta.
Mindbomb, c’est donc 12 sons, tous mis en scène dans un moyen métrage qui les rassemble. Tout est construit à partit de dessins et de notes prises durant ma jeunesse. Même les productions musicales cherchent à rester aussi fidèles que possible aux indications que j’avais laissées avant d’abandonner le projet.
Cette fidélité au matériau d’origine, ainsi que l’immaturité assumée de mon “moi passé”, devaient transparaître dans la forme. Le métrage a donc été pensé comme si l’on confiait une caméra à un enfant pour qu’il laisse libre cours à son imagination. Il y a autant de folie que de maladresse. Même les idées que je trouvais aujourd’hui moyennes, voire bancales, ont été conservées et mises en scène par souci de fidélité. Cette mise en scène est également héritée du cinéma bis auquel le projet cherche à rendre hommage en adaptant ses codes à une nouvelle époque.
En gros, Mindbomb, c'est une putain de série Z sortie en 2023, réalisée "par un enfant" par son lui futur, afin d'illustrer une bande sonore.